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HERQUEVILLE: un peu d'Histoire...

Point de trouvailles archéologiques en ce lieu, mais un patronage assez ancien et une énigme onomastique (1)  pour nous aider à discerner les origines du village. Les églises dédiées à Saint-Germain indiquent généralement une organisation paroissiale d’époque mérovingienne ou carolingienne. Mais il est possible qu’un domaine ait été organisé ici antérieurement. En effet, au suffixe “villa” se trouve accolée l’indication de patronyme “harq”. Ici se trouve l’énigme car l’absence de titres anciens ne nous permet pas de savoir si celui-ci dérive de “archontius” ou “archarius” - nous aurions alors un premier propriétaire terrien d’origine gallo-romaine - ou de “hérulf” ou “héricus” - qui supposerait un domaine germanique. Tant que l’archéologie n’aura pas fourni d’indications supplémentaires, on laissera planer le doute. Aussi faut-il également considérer avec beaucoup de réserves l’assimilation que font certains entre Herqueville et le “Archarium villam” cité dans la chronique de l’abbaye de Fontenelles (Saint-Wandrille) comme étant “du temps de Dagobert” un domaine qui fût donné au monastère par un prêtre nommé Lentbert. La citation est triplement trompeuse puisque le monastère de Fontenelles ne fut fondé que sous le règne neustrien de Clovis II, fils de Dagobert, que le premier Harcharius connu fut évêque... mais du temps de Charles le Chauve et qu’enfin “Archarium villam” est “sis dans le Vexin” qui comprend dans la terminologie de l’époque le pays de Rouen à Beauvais! Ce qui est bien étendu pour poser de telles certitudes, surtout quand le texte est de trois siècles postérieur à l’époque qu’il relate. On reparle encore d’Herqueville à propos d’une charte de Richard II donnée vers 1006 à l’abbaye de Fécamp. Or, jamais ne fut mention d’un tel patronage à Herqueville, il eut été pourtant bien surprenant qu’il tomba en désuétude; d’autre part la mention est “super ripam sequanae aschevillam” qui se rapporte plus certainement à la paroisse d'Aizier qui, elle, était effectivement sous le patronage de Fécamp.

Le premier seigneur connu d’Herqueville est Enguerrand de Marigny, né à Lyons-la-Forêt vers 1260 et conseiller du roi Philippe IV le Bel.

Dans le pouillé (2) d’Eudes Rigaud, au milieu du XIIIe siècle, on apprend que le domaine comptait 28 chefs de famille et était alors en possession de Renaud de Muids qui présentait à la cure. Le fief reste ensuite propriété des seigneurs de Muids jusqu’au début du XIVe siècle où on le trouve entre les mains d’une famille de Saint-Martin. Mentions sont alors faites de Regnoult de Saint Martin (1339 et 1349), Philippe, ou Philippot, dont on sait qu’il tient le moulin d’Andé sis sur la paroisse du même nom, mais dépendant du fief d’Herqueville (1419) et de son fils Michel qui deviendra abbé de Saint-Evroult. Néanmoins les seigneurs de Muids conservent des droits sur le domaine puisque les deux familles présentent alternativement à la cure. Les Saint-Martin pourraient bien avoir obtenu le fief, même s’il n’en est jamais fait état, à partir de la reconquête de la Normandie par les armées françaises, le tenant “du roy”.

 

Quoiqu’il en soit la guerre de Cent Ans apporte son lot de bouleversements, car alors, le roi d’Angleterre donne le domaine en 1424 à Jean Bohier qui commande à la même époque le Château-Gaillard. Sont alors cités sur le domaine deux manoirs avec chacun un colombier en sus du moulin. Curieusement la famille Bohier conserva le fief à l’issue du conflit. On retrouve Nicolas Bohier en 1482 après Jean (1424), puis Louis en 1548. Au XVIIe siècle par contre les Bohier devenus Brehier entre-temps et dont les armoiries comportent "trois merlettes" disparaissent laissant la place à la maison de Tiremois  jusqu’à ce qu'il tombe dans l’escarcelle de l’incontournable chancelier de Maupéou y restant jusqu'à la Révolution – le porc-épic de son blason orne aujourd’hui celui de la commune où il a rejoint les merlettes de Jacques de Brehier et le losange de Louis Renault.  Vendu comme bien national, le domaine passa ensuite dans les mains de Claude Euloge Enjorant, de Louis-George Jean - maire du village - plus tard exproprié probablement pour créances..., de messieurs Esnault, Du Boulay, père et fils, Renouard-Larivière, Louis Lanquest à qui l’on doit, en 1899, la cloche de l’église prénommée « Marie-Louise » et enfin Louis Renault avec l’histoire duquel se confond celle d’Herqueville à partir de 1905. Les constructions actuelles du parc du “château” d’Herqueville datent de 1935-36. On doit également à Louis Renault la petite mairie, car il avait englobé l’ancienne à l’intérieur de ses murs...

 

Louis Renault on le sait ne survivra pas à la Libération : accusé de collaboration, mais jamais jugé et par conséquent jamais condamné, il mourut en prison le 24 octobre 1944. Il est enterré avec son épouse dans le cimetière d’Herqueville au pied de l’église située entre le Manoir (ce qui reste de l’ancien château d’Herqueville)  et le Home de la Vallée construit par Louis Renault pour y loger son neveu par alliance : François Lehideux (1904-1998) directeur général des usines Renault de 1930 à  1940 et secrétaire d’Etat à la production industrielle du gouvernement de Vichy de juillet 1941 à avril 1942.

 

Entre temps, le 27 août 1944, une patrouille de reconnaissance de la 15eme Division écossaise avait investi Herqueville, après avoir traversé la Seine sur l’emplacement de l’ancien bac en provenance de Portejoie, sans rencontrer de résistance organisée. Herqueville fut ainsi la première localité libérée de notre boucle. Quand vous traversez aujourd’hui Herqueville vous ne voyez en lieu et place d’un village qu’une mairie au milieu d’un croisement. S’il se trouve une cité pavillonnaire - La Plante - à l’orée du bois construite par Jean-Louis Renault l’héritier dans les années soixante,  l’ancien village situé en bord de Seine, lui, n’est plus accessible que par une petite route et un sentier de grande randonnée, le GR 2, isolé du monde par les habitations de l’ancien domaine Renault... !

Le village actuel est ainsi divisé en quatre zones bien distinctes : « La Plage » (l’ancien village situé en bord de Seine) avec une dizaine d’habitations, « le domaine » (l’ancienne propriété de Louis Renault divisé aujourd’hui entre plusieurs propriétaires…dont ses petits-enfants), la cité « La Plante » comprenant une quarantaine de pavillons, un petit immeuble collectif de 16 logements appartenant à Eure-habitat, une école en fonctionnement rattachée au Sivos de Muids-Daubeuf (25 élèves en 2012), le stade Louis Renault et une salle polyvalente (salle Jean-Louis Renault) avec cantine scolaire, halte-garderie et mairie annexe, et enfin sur la RD 11 vers Andé une zone industrielle, la ZI La Houssette occupée par une entreprise fabriquant des armoires métalliques « les Ateliers d’Herqueville » soit à peu près 140 emplois.

La commune a une superficie de 376 ha, son altitude varie de 8 mètres au niveau de la Seine à 57 mètres sur la RD 11 vers Daubeuf, une population de 152 habitants, soit 41 h/km2.

 

L’EGLISE SAINT-GERMAIN D’HERQUEVILLE

L’église d’Herqueville, dédiée à Saint Germain, est excentrée par rapport au cœur du village : elle est située sur un petit escarpement dominant la Seine, et est proche de l’ancien manoir dont elle a sans doute été, à l’origine, la chapelle seigneuriale.

L’édifice actuel date essentiellement du XVe et XVIIe siècles, mais l’église existait auparavant comme le montrent les gros contreforts de la nef. Elle a été récemment restaurée.

L’intérieur, très clair, abrite un mobilier et une statuaire intéressants.

Il faut remarquer notamment les lambris du XIXe et du début du XXe siècle, deux Christ en croix (l’un du XIVe siècle et l’autre du XVIIe siècle), un tabernacle et des anges adorateurs du XVIIe siècle. Les fonts baptismaux sont du XVe siècle.

Deux tableaux (l’Assomption et le Portement de croix) sont l’œuvre de Félix Maillet du Boullay, peintre et maire d’Herqueville au XIXe siècle.

L’église doit beaucoup à Louis Renault (1877-1944) qui y a épousé Christiane Boullaire le 26 septembre 1918 et était propriétaire d'un domaine d'environ 2000 ha dans la région autour d'Herqueville: il a fait exécuter une partie des portes et des lambris et il a fait sculpter les curieux panneaux du maître-autel. Il est enterré dans le cimetière qui jouxte l’église. (3)

 

Notes :

(1)               : qui a trait à l’étude des noms propres.

(2)             : inventaire

(3)             : pour la visiter s’adresser en mairie.

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